Liberté ! Bordeaux 2019
Du siècle des Lumières à l’esprit océan.

Après les « Paysages » explorés au travers de la saison culturelle 2017, initiée à l’occasion de l’arrivée de la ligne à grande vitesse, Bordeaux et son territoire se rassemblent autour d’une nouvelle saison culturelle dédiée à la Liberté ! Visiteurs et habitants sont invités à effectuer un voyage dans l’Histoire des idées (à travers la philosophie des Lumières) et vers le fleuve et l’océan. Cette thématique résonne avec la longue histoire de la capitale girondine mais également avec les temps que nous vivons. Bordeaux a toujours aimé la liberté, comme s’il demeurait dans l’inconscient collectif de lointaines traces de la « décennie d’or » (1362-1372) quand, principauté indépendante, elle a son gouvernement. Bordeaux vit naître et se donna ensuite pour Maire le modèle de liberté intérieure le plus célèbre du monde : Montaigne. Puis Montesquieu écrivit depuis Bordeaux les plus beaux textes fondateurs d’une démocratie qui protège les libertés ; tout le Bordeaux du XVIIIe siècle est d’ailleurs, dans son architecture et son urbanisme, inspiré de l’esprit des Lumières. Et aujourd’hui encore circule un air de liberté, peut-être celui du grand large si proche. Bordeaux va ainsi hisser haut les voiles de la Liberté ! Suivant la ligne Atlantique, travaillant les échos entre Bordeaux et le territoire maritime, une centaine de propositions artistiques pluridisciplinaires égrènent du 20 juin au 20 août 2019 ce périple onirique, porté à l’unisson par l’ensemble des acteurs culturels du territoire. Jouant à nouveau sur la présence d’œuvres fortes et singulières dans l’espace public, la découverte de nouveaux lieux mettant en dialogue formes contemporaines et patrimoine, le programme déploie des itinéraires insolites dans la ville et sur le territoire métropolitain dédiés à tous les publics. Bordeaux a trouvé son temps fort culturel conjuguant, en format biennal, excellence et accessibilité. Belle saison « Liberté ! Bordeaux 2019 » à tous !

Nicolas Florian
Maire de Bordeaux, Vice-Président de Bordeaux Métropole, Conseiller Régional

Lancée au moment des festivités de la fête du fleuve, l’édition 2019 de l’Eté métropolitain fait vibrer l’ensemble de l’agglomération aux couleurs de la liberté ! C’est l’air encore empreint des embruns maritimes et de l’estuaire que la Métropole propose de robinsonner tout l’été, à travers des lieux remarquables ou insolites du territoire, en plein jour ou sous les étoiles, en compagnie d’artistes issus de tous les champs de la création artistique. À la manière de l’emblématique Refuge périurbain du Nuage, posé tel un geste manifeste sur les quais au moment de la fête du fleuve, l’Été métropolitain s’associe à la saison culturelle pour porter haut les accents d’un art rafraîchissant qui s’immisce souvent où on ne l’attend pas et convie le public à plus de 200 rendez-vous artistiques, gratuits dans leur grande majorité. Très bel été à toutes et tous, sous la bannière de la liberté !

Patrick Bobet
Président de Bordeaux Métropole

PRÉSENTATION
DE LA SAISON
CULTURELLE

Bordeaux va hisser les couleurs de la Liberté !

Il n’est guère de notion plus unanimement partagée que celle de liberté : la liberté est un droit, certes, mais qu’il faut en permanence (re)conquérir.

Le point d’exclamation accolé au terme « Liberté », en titre de la saison culturelle bordelaise 2019, souligne l’évidence du « concept », l’enjeu de la programmation repose sur ce paradigme : où commence, où se termine la liberté de l’individu, face aux autres, face à la collectivité, face aux pouvoirs. La liberté, par essence, n’est-elle pas un droit illimité des peuples et, partant, de l’être humain au singulier ? Or, le droit de disposer de son corps et le droit à l’intégrité physique s’opposent, à un moment donné, aux raisons d’ordre public (Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789) et de santé publique (Code de la Santé publique, 1953).

Un des critères d’appréciation du degré de liberté dans une société organisée est la liberté d’expression, laquelle présuppose le pluralisme des opinions, le respect de la dignité humaine, des garanties d’égalité et de tolérance dans les décisions de justice. Quand, ici ou ailleurs, les menaces, la censure conditionnent la culture, la création – car c’est de cela dont il s’agit lorsque l’on parle d’expression –, la société est en danger.

À Bordeaux, comme dans toute autre grande ville du monde, le rapport à la liberté s’est établi en réaction à l’oppression, en érigeant très tôt des murailles face aux envahisseurs dits barbares, plus tard en bâtissant un vaste édifice, urbain et mental, propre à incarner cet « esprit des Lumières » qui sema les graines de la Révolution française, le Port des Lumières. Un créateur, l’architecte Victor Louis, eut in fine raison de la forteresse du château Trompette, initialement érigée pour assujettir les Bordelais frondeurs à l’ordre absolu de la monarchie, en élevant son Grand Théâtre sur les glacis mêmes de l’offensante bastille.

À l’enseigne de la Liberté, la pensée et la création doivent plus que tout être chéries, protégées, encouragées : la Loi relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine, promulguée en juillet 2016 en écho à l’attentat contre Charlie Hebdo, est venue affermir cette réelle nécessité.

« Liberté ! » se donne comme une vague heureuse.

Ainsi, du 20 juin au 20 août, Bordeaux va hisser les couleurs de la « Liberté ! », s’inscrivant dans une dynamique qui, de la philosophie des Lumières – mouvement traduisant un engagement contre les oppressions, les obscurantismes et en faveur du progrès, du renouvellement des savoirs et des apprentissages –, investit tous les champs de l’émancipation des êtres humains, jusqu’au surf, moins un sport de l’extrême, pratiqué sur la côte atlantique depuis les années 1950, qu’un mode de vie, désormais fondé sur le dépassement de soi. Au-delà des siècles et des postures qui semblent a priori les séparer, l’horizon réunit ces deux disciplines en une même vague, à la fois imprévisible et attendue – une même vague qui incarne et conditionne le sentiment de liberté, et que l’on rapprochera des éternels horizons chimériques de Jean de la Ville de Mirmont.

L’eau, qui peut être associée à l’idée d’engloutissement, de dissolution, de submersion, évoque aussi la renaissance et s’affirme comme le plus puissant symbole de la création, celle du monde, celle de tout être humain. De l’océan que défièrent Magellan ou Christophe Colomb, à l’estuaire ou aux rivières, que remonte la vague frondeuse du mascaret, l’eau libératrice, à la fois fluide et puissante, est l’élément-matériau qui structure la saison culturelle 2019. De la fête du fleuve, en ouverture, au spectacle Ex Anima de Bartabas en clôture, quelque 120 propositions en rythment la programmation. Celle-ci s’inscrit – à l’instar de la précédente saison 2017 consacrée aux Paysages – au coeur des territoires, en étroite collaboration avec les acteurs et les institutions culturels, aux côtés desquels sont invités des personnalités amenées à confronter, à conjuguer leurs points de vue en une vision kaléidoscopique inventive. Laboratoire à ciel ouvert combinant le temps, le présent et la géographie dans toute la diversité des expressions créatives, « Liberté ! » se donne comme une vague heureuse, une invitation aux voyages, un “ vortex “ : abréviation de ” Visualisation Objective du ReTour d’Expérience “. L’expérience comme moteur d’acquisition des connaissances. Embarquement immédiat.

Xavier Rosan

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